Dossier : l'impression 3D expliquée

Publié par Pierre Dubarry, le

L'avenir de l'impression 3D

Pour certains, l' est d'ores et déjà assimilée à l'appareil qui emmènera nos sociétés vers une nouvelle révolution industrielle.

 

La fin de l'ère Made in China ?

En l'état, le concept laisse imaginer un avenir radieux, à commencer pour les entreprises. La possibilité d'obtenir très rapidement des prototypes ou des maquettes en est une, mais l'essentiel de l'intérêt réside dans le concept même de la production des produits alors que les délocalisations, vers la Chine notamment, s'enchaînent depuis quelques années. L'avènement des imprimantes 3D permettrait aux industriels de se passer des sous-traitants, et ainsi devenir plus autonomes. Le but : relocaliser la production dans les pays d'origine.

 

 


Reprenons notre exemple de la Chine, même si les usines s'équipaient-elles aussi d'imprimantes 3D, l'intérêt pour les clients étrangers deviendrait totalement nul, et provoquerait même un surcoût avec la nécessité de rapatrier les produits assemblés dans le pays d'origine. Nous reviendrions à une production plus locale, avec l'opportunité en prime de recréer à nouveau des emplois. Comme l'a récemment déclaré Carl Bass, CEO d'Autodesk, auprès de Forbes "Tout comme les autres transitions industrielles, nous allons créer un nouvel ensemble d'industries et de nouveaux emplois".

 

On peut également rêver qu'avec un coût de production amoindri, la répercussion se fasse également ressentir à l'autre bout de la chaîne sur les prix de vente, et ce, même si l'idée apparaît un brin (trop ?) idéaliste.

 

La créativité redevient une priorité ?

Les imprimantes 3D professionnelles ou domestiques pourraient également être l'occasion de donner vie à des concepts irréalisables auparavant, que ce soit d'un point de vue purement technique, ou à cause des coûts de production trop élevés. L'idée est de permettre de pouvoir lancer des produits beaucoup plus facilement, avec une prise de risques minimum, laissant ainsi le soin aux fabricants, start-up, et même aux particuliers de donner vie à des concepts totalement nouveaux. Transformer une simple idée, y compris les plus folles, en produit réel, qui l'eut cru ? 

 

 

 

Crédit photo : Mashable

 

L'ère du gaspillage laisse place à l'ère de l'éco-responsabilité

Comme nous l'évoquions dans le chapitre précédent avec le Filabot, l'un des côtés les plus avantageux est qu'il sera à l'avenir possible d'utiliser des dispositifs ayant la capacité de transformer des matériaux recyclables comme les bouteilles en plastique, les briques de lait, ou pourquoi pas certains objets réalisés auparavant, en nouvelles bobines pour alimenter les imprimantes 3D.


De plus, à l'ère du gaspillage ou l'on est parfois amené à jeter certains objets devenus inutiles, tout cela parce qu'il manque « la » pièce qu'il faut là ou il faut, la possibilité de pouvoir justement re-imprimer cette même pièce pour réparer l'objet en question, serait une façon totalement nouvelle de considérer notre rapport à la consommation. Toutefois, pour ce qui est de l'obsolescence programmée, c'est un tout autre sujet qui ne concerne absolument plus le concept de fiabilité de l'impression 3D, puisqu'il s'agit avant tout d'une volonté lors de la conception, il n'y aura donc aucun impact de côté-là.

 

Une grande avancée pour la médecine

L'une des applications les plus utiles est sans conteste la médecine, ou l'on a désormais la capacité de produire de la peau, des os, et des prothèses. L'un des avantages réside une fois encore dans les coûts de production, parfois divisés par 10 dans certains cas, mais aussi de permettre de mieux adapter certains équipements comme les prothèses.

 

 

Prothèse de mâchoire

L'avenir de l'impression 3D et de la médecine est sujet à beaucoup de promesses et d'interrogations, dont la possibilité de pouvoir un jour imprimer des organes, afin de faciliter grandement l'accès aux greffes. Une chose est sûre, nous n'en sommes qu'au commencement de ce chapitre...

 

Et si demain on imprimait de la nourriture ?

Derrière ce concept saugrenu, la fondation à but philantropique Thiel finance un projet d'une jeunestart-up travaillant sur l'impression de nourriture, et plus précisément de la viande. Nous n'en sommes pas encore à imprimer des steaks (sans supplément de cheval s'il vous plaît cqfd), mais l'idée et la volonté de certains semblent bien là, même s'il semble que les coûts restent encore problématiques. Les travaux sont basés sur la même branche que le médecine régénérative, comme l'impression de peau dont nous parlions précédemment. Pour ce qui est des fruits, légumes, ou des céréales, aucune recherche n'est actuellement mené.

 

Les plus gourmands préfèreront beaucoup plus l'impression de chocolat, ou la NASA qui finance les travaux de l'ingénieur Anjan Contractor, dans le but de confectionner une imprimante à pizzas sous la forme de cartouches de substances nutritives, dans le but de pouvoir offrir des denrées alimentaires variées aux astronautes, celles-ci n'auraient plus qu'à être imprimées sur place lors des longues missions. De plus, les cartouches resteraient valables près de 30 ans.

 

 



Certains voient même en l'impression 3D une solution de lutter efficacement contre la faim dans le monde, alors que la population mondiale atteindre 12 milliards dans les prochaines décennies, et que de nombreux économistes clament aujourd'hui qu'il sera tout bonnement impossible de produire suffisament de nourriture pour tous. Une utopie,pour le moment, mais pourquoi pas un jour ?

 

Peut-on réellement tout imprimer ?

C'est LA question qui divise, puisqu'en l'état les matériaux réellement utilisables ne sont que très peu nombreux, essentiellement du plastique, beaucoup d'exemples abordés précédemment étant encore au simple stade de projets.

 

Si l'on est capable de produire sans problème aujourd'hui une coque personnalisée pour un iPhone, l'impression 3D ne permet par exemple pas encore de produire d'appareils électroniques à cause de leur grande complexité. Des espoirs à la réalité il n'y a parfois qu'un pas, mais nous sommes encore loin de franchir cette étape, pourtant haut combien importante afin de pouvoir réellement parler d'une "révolution" aboutie.

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