Dossier : l'impression 3D expliquée

Publié par Pierre Dubarry, le

Les risques et dangers de l'impression 3D

Toutefois malgré les nombreux côtés positifs que peut avoir l'impression 3D dans de nombreux domaines, le sujet soulève également de très nombreuses problématiques, le principal étant qu'il n 'y aucune limite à la création d'objets si l'on dispose des matériaux nécessaires.


La problématique des répliques d'armes

L'exemple le plus flagrant reste le cas de l'impression 3D du Liberator, un pistolet de calibre 9 mm mis au point par un étudiant de 25 ans : Cody Wilson. le fichier a d'ailleurs été mis à disposition à qui le souhaite, et malgré la censure rapide opéré par le constructeur de l'imprimante, il reste encore et malheureusement disponible sur les P2P.

 

 



 

Certes, l'objet en question était en plastique, il a d'ailleurs rapidement montré ses limites physiques en explosant dès le second essai - la chambre de compression d'une arme à feu traditionnelle est mise à rude épreuve en termes de température - , ce qui dans le cas du Liberator met autant en danger le propriétaire de l'arme que sa cible potentielle, mais cela reste une arme. Il ne s'agit toutefois pas d'un premier coup d'essai, le concepteur avait déjà fabriqué quelques temps auparavant un fusil d'assaut AR-15, avec lequel il a pu tirer six balles avant que l'arme n'explose également.

 

Mais quelque chose dérange vraiment dans cette démarche, d'autant plus que le lobby pro-armes Defense Distributed qui soutient dorénavant le jeune homme, vient de lancer une campagne de crowfunding, afin de créer un moteur de recherche de fichiers d'impression 3D, sur lequel il sera justement possible de facilement trouver des armes et accessoires dédiés à imprimer. L'un des nombreux problèmes est que les imprimantes sont de potentielles bombes à retardement, puisqu'elles n'ont aujourd'hui pas encore de véritable verrou en termes de fabrication, ce qui peut permettre à n'importe qui avec un minimum de savoir-faire (ou les fichiers adéquats), de se constituer plus que de simples "ames en plastique".

 

 



 

De surcroît, la composition en plastique leur permet d'être totalement indécelables par les détecteurs de métaux. D'où l'urgence d'imposer rapidement certaines limites techniques et juridiques sur les imprimantes 3D pour des questions de sécurité. D'autant plus que d'autres dérives sont également envisageables dans les années à venir (drogues, faux billets, médicaments, etc.).

 

Le plus grand concurrent de l'industrie : l'utilisateur

Le second problème concerne la question de la propriété intellectuelle, à ce sujet on ne peut que vous conseiller la lecture d'une nouvelle de science-fiction signée Cory Doctorow, qui imagine déjà en 2006 un futur dans lequel la chasse serait menée contre les possesseurs d'imprimantes 3D. La raison ? Si une permet de répliquer n'importe quel objet, il y aura bien un moment ou à l'image du téléchargement illégal de , jeux vidéo, séries, films, musique et livres électroniques, que la même problématique surgisse avec l'impression 3D.


Le danger principal pour les industriels, c'est que le consommateur n'est finalement plus besoin d'eux. Pour l'instant, le danger n'est pas encore pleinement pris au sérieux, puisque l'on ne connaît pas encore toutes les limites du dispositif, mais la législation devrait progressivement s'adapter à l'évolution du marché de l'impression 3D. Pour ce qui est de leur protection, les fabricants comptent s'appuyer essentiellement à l'avenir sur la notion de copyright valable pendant 70 ans, plutôt que sur les brevets limités à 20 ans et dont la sécurisation n'est pas toujours acquise.


Car, prenons un exemple tout bête : l'impression d'un smartphone d'une marque X. Théoriquement, pour rester dans un cadre parfaitement légal et ne pas porter atteinte à une marque déposée, il est aujourd'hui parfaitement possible d'imprimer une réplique de ce smartphone, sans qu'aucun logo n'apparaisse. Nul doute que la situation ne restera pas en l'état, et que les fabricants d'imprimantes 3D se verront imposer des contraintes techniques à leurs utilisateurs. Certains fabricants commencent d'ailleurs à intégrer des logiciels doté de fonctions de contrôle et de monitoring.

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